Foire aux questions (FAQ)

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Les questions les plus fréquemment posées sont recensées dans notre Foire aux Questions (FAQ).

Opportunité du projet

On dit que le lit de la Loire s’est enfoncé. A quoi cela est-il dû ? N’est-ce pas naturel ?

La Loire est souvent appelée le dernier fleuve « sauvage » d’Europe. A tort… car elle a subi bien des aménagements dans le courant du XIX et XXème siècle pour la transformer en une grande voie navigable entre la façade atlantique et l’intérieur des terres : chenalisation par la construction de digues et épis (pas moins de 750 épis ont été construits entre les Ponts-de-Cé et Nantes), creusement d’un bassin à marée…. A ces aménagements se sont ajoutés des extractions importantes de sable pour les activités industrielles (béton) et l’agriculture, extractions qui n’ont cessé qu’au début des années 1990.

Toutes ces interventions ont contribué à déséquilibrer le fonctionnement du fleuve, à creuser son lit et à abaisser la ligne d’eau d’étiage (niveau de l’eau en période de basses eaux) : la Loire est corsetée, les sables, piégés par les épis, ne circulent plus librement, les pentes d’eau grandissantes favorisent un courant qui creuse encore plus le lit. En un siècle, la ligne d’eau et le fond du lit de la Loire ont chuté de plusieurs mètres sur certains secteurs. La Loire a ainsi subi depuis 1900 un abaissement de près de 4m de sa ligne d’eau d’étiage dans le secteur de Nantes, d’environ 3m dans le secteur d’Ancenis et de presque 1m aux Ponts-de-Cé.

Pour en savoir plus

Pourquoi faut-il intervenir ? Que se passera-t-il si on ne fait rien ?

Du fait de l’incision du fond du lit et de l’abaissement de la ligne d’eau d’étiage causés par les aménagements du XIX et du XXe siècles, un fort déséquilibre du fleuve est aujourd’hui constaté : lit de la Loire corseté et profond, des bras secondaires perchés, des annexes fluviales qui se végétalisent, une diversité de milieux et d’espèces qui s’appauvrit.

Sans mise en œuvre du programme, une tendance à la stabilisation récente, voire à une très légère réhausse des fonds et des lignes d’eau, a pu être observée sur certains secteurs. Cette tendance naturelle, bien que positive, ne suffira pas à contrer la dynamique de fermeture progressive des milieux alluviaux connexes au cours principal.

Cela signifie que le déséquilibre actuellement constaté va perdurer. La tendance à la fermeture des milieux continuera dans les annexes qui resteront peu connectées au lit principal, en entraînant une baisse de la diversité des milieux et en réduisant progressivement le tracé du fleuve au seul bras principal corseté. Ces déséquilibres devraient s’accentuer avec les effets du changement climatique. Cette évolution implique une homogénéisation globale des végétations et des espèces animales qu’elles hébergent, avec, à terme, un appauvrissement généralisé de la biodiversité de la Loire.

L’évolution à terme du fleuve, sans mise en oeuvre du projet, ne permettra donc pas, à elle seule, un retour à un fonctionnement dynamique fluvial équilibré. Le projet vise à améliorer significativement cette situation par un rééquilibrage plus important, permettant le maintien de milieux naturels riches et dynamiques.

Pourquoi intervenir uniquement sur 3 secteurs ?

De Nantes aux Ponts-de-Cé, la Loire s’écoule sur 90 km. Il serait trop perturbant d’intervenir sur l’ensemble de son parcours en même temps. L’étude stratégique pilotée par le GIP Loire-Estuaire, de 2011 à 2013 grâce à une modélisation hydraulique et sédimentaire, a permis d’identifier les secteurs prioritaires, ceux sur lesquels les interventions auraient le plus d’effets positifs pour parvenir à l’objectif fixé de relèvement de la ligne d’eau et de réhausse des fonds. C’est ainsi que 3 secteurs ont été identifiés ; ils recouvrent 30 km :

  • le secteur de Montjean-sur-Loire à Ingrandes-Le Fresne sur Loire, qui permet de poursuivre la dynamique engagée par une expérimentation menée au début des années 2002 ;
  • le secteur d’Anetz à Oudon, secteur le plus sujet à l’incision encore à l’heure actuelle, avec notamment le bras de l’île Neuve-Macrière aujourd’hui en surplomb du bras principal et, par conséquent, à sec près de la moitié de l’année ;
  • le secteur de Bellevue. Jusque dans les années 70 existait à Bellevue un seuil naturel rocheux ; sa suppression a déclenché un processus d’érosion rapide. La création d’un nouvel ouvrage permettra de réduire la vitesse d’écoulement de l’eau et la pente de la ligne d’eau à un endroit stratégique entre la Loire amont et aval.
Quels sont les effets attendus du programme ?

Sans la mise en oeuvre du programme, il a été établi, grâce à des modélisations, que l’on assisterait à une stabilisation – voire à une très légère rehausse- des fonds, accompagnée d’une légère rehausse de la ligne d’eau. Toutefois, cette légère rehausse ne permettrait pas de rétablir une bonne alimentation des bras secondaires, aujourd’hui limitée à 30 à 50% du temps. La morphologie du fleuve resterait contrainte, avec un lit enfoncé, de grandes quantités de sable prisonnières des bancs d’épis, conduisant à un appauvrissement de la biodiversité et l’incapacité pour le fleuve de renouer avec sa dynamique naturelle.

Avec la mise en œuvre du programme, à 50 ans, on observe les effets suivants sur les paramètres physiques :

Ces évolutions auront des conséquences positives sur les milieux et les espèces : les habitats seront plus diversifiés, les annexes fluviales seront plus longtemps accessibles pour les espèces qui pourront bénéficier des fonctions qu’elles exercent (zones refuges, sites de reproduction, territoire d’alimentation…).

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le Dossier d’autorisation environnementale du programme de rééquilibrage ou son Résumé non technique (Livret 2) pour une approche moins technique.

Quel est le coût de ce projet ?

La mise en œuvre du programme de rééquilibrage du lit de la Loire a été estimée à 42 millions d’euros en valeur 2015 (études et travaux) au moment de la signature du contrat pour la Loire et ses annexes. Ce montant, rapporté en euros valeur 2020 correspond à environ 46,1 millions d’euros.

Suite aux études, l’estimation des travaux projetés s’élève à ce jour, en euros 2020, à 38,8 millions d’euros. Le montant des études et procédures est estimé, en euros 2020, à 6,2 millions d’euros, pour un total du programme de 45 millions d’euros.

Les financeurs du projet sont l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne (45 %), la Région Pays-de-la-Loire (30 %), l’Union Européenne au travers du FEDER Loire (20 %) et Voies navigables de France (5%).

Travaux et impacts

Quand commenceront les travaux ?

Les travaux débuteront par le remodelage des épis sur le secteur de Montjean-sur-Loire à Ingrandes-Le Fresne sur Loire à partir de l’étiage 2021, sous réserve de l’obtention des autorisations administratives. Ils auront lieu à partir de septembre, lorsque les niveaux d’eau seront suffisamment pour intervenir et que les périodes de reproduction des espèces seront passées. Ils pourront durer jusqu’à fin de novembre si le niveau d’eau reste suffisamment bas. Les travaux auront lieu sur 1 ou 2 étiages consécutifs en fonction de la durée de l’étiage.

Les travaux de remodelage des épis commenceront sur le secteur d’Anetz à Oudon à partir de septembre 2022 pour 2 à 3 étiages consécutifs. Sur le secteur de Bellevue, ils débuteront à l’étiage 2023 pour les ouvrages attenants au duis et se poursuivront en 2024 pour la construction du duis (juillet à novembre).

Quels seront les impacts des chantiers pendant leur déroulement sur les usages de la Loire ?

En phase chantier, les travaux et l’augmentation du trafic associé engendreront des rejets pouvant altérer faiblement et de manière très temporaire la qualité de l’air et l’atmosphère. Les impacts sonores liés au fonctionnement et à la circulation des engins seront modérés et temporaires pour les secteurs amont et plus forts mais temporaires pour le secteur C (Bellevue). En effet, il faudra acheminer à Bellevue une quantité importante d’enrochements.

Les travaux perturberont la navigation sur le secteur C (Bellevue), mais tout sera mis en œuvre pour ne pas interrompre la navigation.

Enfin, des impacts de chantier modérés sont inéluctables sur les bords de Loire durant la phase de travaux (avec la circulation d’engins, leur présence en bords de Loire). Ils sont toutefois temporaires et intégralement réversibles, VNF procédant à la remise en état des espaces liés aux activités de chantier.

VNF a d’ores et déjà identifié différentes mesures à mettre en œuvre pour faciliter le temps des travaux. Ces mesures seront suivies par un coordinateur environnemental et les mesures adéquates seront prises pour la gestion de l’envol de poussières, la réduction des nuisances sonores, l’organisation du chantier pour permettre le maintien de la navigation fluviale sur le secteur C avec notamment des mesures de sécurisation de la navigation au droit de l’ouvrage de Bellevue. Les riverains et acteurs pourront se tenir informés de l’avancée des travaux sur le présent site Internet.

Est-ce que le risque inondation va augmenter à Bellevue suite aux travaux ?

« Remonter le lit de la Loire ne conduit-il pas à augmenter le niveau de risque d’inondation du fleuve ? » demandait un participant lors d’une réunion publique en 2018. Puisque le programme contribue à rehausser le fond du lit et à remonter le niveau de la ligne d’eau à l’étiage, la question paraît naturelle. Et elle se pose notamment à Bellevue, particulièrement exposé au risque d’inondation . VNF a poursuivi les études en 2019 et 2020 pour mieux évaluer l’incidence du programme sur le niveau des crues sur l’ensemble du linéaire, en réalisant différentes modélisations et en prenant en compte l’effet de facteurs potentiellement aggravants (forts coefficients de marée, effets du changement climatique notamment avec une rehausse du niveau de la mer). De ces études complémentaires poussées, il ressort que :

Le rehaussement du fond du chenal d’étiage n’induit pas automatiquement un rehaussement du niveau d’inondation car les volumes d’eau en jeu ne sont pas les mêmes. En période de crue, le volume d’eau s’étale sur une surface beaucoup plus large que le bras principal et le fonctionnement des bras secondaires joue alors un rôle important.

Dispositif d’études

Comment peut-on juger la qualité des études menées ayant permis de déterminer le programme ?

Modélisations, études prospectives, expérimentations localisées : la définition du programme de rééquilibrage du lit de la Loire a reposé sur un ensemble de données très vastes, de nombreuses études, sur un temps long. La méthodologie d’études retenue a notamment permis de croiser les résultats de modélisations numériques et physique (sur le secteur de Bellevue) réalisées à différentes échelles pour les consolider.

Un comité scientifique a été mis en place par VNF dès le démarrage des études, pour valider la démarche et les méthodes proposées par les bureaux d’études. Ce comité scientifique réunit des universitaires spécialistes du transport sédimentaire, des experts en modélisation en milieu fluvial et estuarien, le CEREMA, le GIP Loire Estuaire, Le Port Autonome de Nantes-Saint-Nazaire et l’OFB.

Un groupe expert biodiversités a également été constitué avec des spécialistes des différents groupes d’espèces, animales et végétales, rencontrés en Loire.

Le dialogue

Est-ce que les riverains et usagers ont été associés à la définition des travaux?

Le programme de rééquilibrage du lit de la Loire est un projet d’une grande complexité technique : il a fait l’objet au préalable de très nombreuses études prospectives et modélisations pour sa définition. Néanmoins, tout au long de son élaboration, VNF a tenu à associer les usagers ainsi que les acteurs concernés par l’avenir du fleuve et de l’environnement ligérien (collectivités, associations, gestionnaires d’ouvrages, partenaires institutionnels, services de l’État…) pour bien prendre en compte les attentes, les usages du fleuve, et ne pas cantonner le débat entre experts. Des ateliers de concertation ont été organisés dès 2015 pour échanger à la fois sur le diagnostic et les interventions à prévoir. Ces ateliers ont permis d’enrichir le projet et ont été suivis de réunions en 2016 et 2017 pour permettre à chacun de bien suivre l’avancement des études de conception. Une réunion spécifique a par ailleurs été organisée sur le sujet du risque inondation avec les riverains du secteur Bellevue en juin 2017. La concertation publique menée en 2018 a été un moment privilégié d’information (mise à disposition d’un dossier de 60 pages, organisation de 7 réunions publiques sur le territoire pour présenter le programme) mais aussi de collecte des avis de l’ensemble des personnes concernées par la restauration de la Loire, notamment quant aux variantes proposées pour le secteur de Bellevue.

Quels sont les résultats de la concertation de 2018 et comment les avis émis ont-ils été pris en compte ?

La concertation menée du 30 mars au 29 avril 2018, sous l’égide de la Commission nationale du débat public, a été considérée par sa garante comme positive ; Cette dernière a noté la sérénité et la qualité des débats, la richesse des échanges et la réelle écoute qui avait prévalu. De nombreuses questions sur les effets du projet, notamment sur le risque inondation, ont été posées lors de la concertation. Pour apporter des réponses détaillées et argumentées, VNF a engagé la poursuite et l’approfondissement des études. Les participants à la concertation ont exprimé une préférence pour le choix de la variante C pour l’ouvrage de Bellevue, variante qui a ensuite été retenue par le comité de pilotage.